Huiles d’olive : des produits très surveillés

L’huile d’olive est issue directement de l’olive, pour l’huile d’olive vierge ou vierge extra, grâce à des procédés (mécaniques ou physiques) qui garantissent la préservation des qualités de l’huile déjà présente dans l’olive. Si l’huile d’olive est une matière grasse, c’est également un pur jus de fruit.
De cet état privilégié découle une réglementation européenne comme nationale particulière à l’huile d’olive qui en définit notamment les dénominations commerciales (huile d’olive vierge, huile d’olive vierge extra…) strictement déterminées par des critères physico-chimiques et organoleptiques stricts mais également des règles d’étiquetage particulières. Il faut ainsi noter que pour toutes les huiles d’olive vierges ou vierges extra commercialisées dans l’Union Européenne, l’origine doit apparaître sur l’étiquette, en face avant. Par ailleurs, cette origine est strictement définie par à la fois l’origine des olives et le lieu de trituration des olives (ainsi, pour une Origine France, les olives doivent être récoltées en France et l’huile d’olive être extraite en France, si l’une de ces deux conditions n’est pas remplie, l’huile ne peut porter l’origine France).

Depuis de nombreuses années, la répression des fraudes mène des enquêtes annuelles qui visent à contrôler la qualité des huiles d’olive vendues sur le territoire ainsi que leur étiquetage (vérification de conformité, absence de mentions mensongères ou trompeuses…). Ces contrôles sont nécessaires afin de garantir aux consommateurs des produits conformes à la réglementation.
Sur un produit tel que l’huile d’olive, dont le prix est 2,5 fois supérieur aux autres huiles végétales pour les huiles importées et où le prix des huiles françaises est 4 à 5 fois plus élevé que celui de la plupart des huiles importées, les tentations sont grandes !

C’est d’ailleurs en constatant de nombreuses irrégularités sur les marchés du grand Sud que l’AFIDOL a mis en place l’opération « Assainissement des marchés » depuis 8 ans qui vise à vérifier, durant la période estivale les forains sur les marchés et, depuis quelques années, les boutiques des aires d’autoroutes ainsi que les boutiques de « produits régionaux ». Pour cette année, nous avons ainsi contrôlé 109 lieux de ventes choisis pour leur potentiel à proposer des produits non conformes et établit 21 dossiers avec des huiles présentant notamment des mentions pouvant porter à confusion sur l’origine exacte de l’huile d’olive ou des discours clairement mensongers quant à l’origine de l’huile. Ces dossiers ont été transmis aux services de la répression des fraudes.

La répression des fraudes vient, quant à elle, de publier le rapport de son enquête menée en 2016. Elle fait état de 286 établissements visités (il y a plus de 24 000 points de vente sur le territoire français) et de 139 échantillons prélevés. Ces échantillons ont vraisemblablement été prélevés car présentant des présomptions de fraudes ou d’étiquetage non conformes.
Sur ces 139 échantillons, 52 % se sont révélés conformes et 48 % non conformes. Selon le rapport des fraudes, les non conformités portent principalement sur des défauts qualitatifs (majoritairement sur des huiles étrangères) et sur des étiquetages qui ne répondent pas aux normes en vigueur (absence de mention d’origine, de volume net, de la catégorie de l’huile…). Le rapport souligne qu’un certain nombre de non-conformité sont repérées à la suite d’analyse organoleptique, c’est-à-dire de dégustation en laboratoire.
Le rapport note par ailleurs de nombreuses anomalies sur les sites de vente sur le web ce que nous avons également constatées : mentions obligatoires non présentes sur la page de présentation du produit, attribution de propriétés thérapeutiques, origine fausse… 59% des sites web contrôlés présentent d’ailleurs des non conformités, tout comme 48% des grossistes et négociants et 45% des marchés forains (contre 22 % des établissement de la grande distribution et 39 % des opérateurs type producteurs ou moulins).

Ces résultats sont à remettre dans un contexte général : les échantillons prélevés par la répression des fraudes ne sont pas le fruit du hasard (comme dit précédemment, ces échantillons sont prélevés car ils sont potentiellement non conformes). Par ailleurs, la réglementation de l’étiquetage des huiles d’olive est particulièrement compliquée pour les opérateurs (c’est d’ailleurs pourquoi l’AFIDOL a mis en place, depuis de nombreuses années un service à disposition des opérateurs pour les aider à rédiger leurs étiquettes). Il faut également souligner qu’on ne peut généraliser en disant que 40 % des huiles commercialisées en France sont non conformes puisque les établissements visités représentent à peine plus de 10 % de l’ensemble des établissements commercialisant de l’huile d’olive en France.

Concernant les huiles d’olive françaises, un gros effort a été fait par les opérateurs ces dernières années pour mettre leurs étiquettes en conformité (avec une réglementation qui change très souvent). D’ailleurs, le rapport de contrôle souligne bien qu’une grande partie des irrégularités concernent des huiles importées.

Le travail des fraudes est essentiel aujourd’hui pour garantir aux consommateurs comme à la filière oléicole, des produits conformes à la réglementation et de qualité. L’AFIDOL soutient ce travail en collaborant avec les services des fraudes dans la mesure de ces moyens.

Contexte :
- 24 000 à 25 000 établissements (grande distribution, épiceries, moulins, domaines, forains…) commercialisent de l’huile d’olive en France
- La France consomme chaque année 105 000 tonnes d’huile d’olive
- Avec 4 500 tonnes de production en moyenne, la production française représente 4 % de la consommation française d’huile d’olive

 

Contact :

Alexandra Paris, Directrice Communication - Etiquetage

06 08 61 15 50 - alexandra.paris@afidol.org