Du Cuivre pour freiner l'olivier en automne!

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Christophe Audouy
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Du Cuivre pour freiner l'olivier en automne!

Message par Christophe Audouy » 08 juil. 2007 10:20

Bonjour à tous,
J'ai entendu dire qu'une pulvérisation de Cuivre en automne permet de freiner voire stopper la croissance des rameaux.
Qu'en est-il exactement?
Quelle période serait la plus favorable?
Cela éviterait le dégât des premières gelées sur cette pousse qui n'a pas le temps de se lignifier, en tout cas chez nous.
Nous avons les parcelles entre 300m et 350m d'altitude dans l'arrière pays Audois(Haute vallée de l'Aude). La variété principale est OLIVIERE et le tout a entre 1ans et 6ans de plantation.
Amicalement
Christophe Audouy

Edy Spagnol
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Message par Edy Spagnol » 08 juil. 2007 19:36

Chronique de l'huile et des oliviers, n° 12, mars 2007

Traitement à effectuer dès la fin de la taille : maladie de l'oeil de paon ; fumagine.
Nous attendons toujours le début de la production du Metaphycus lounsburyi, insecte utilisé en lutte bio contre la cochenille noire de l'olivier pour le positionnement en avril/mai. Prévision de la lutte Bio contre la teigne de l'olivier.
Souvenons-nous qu'un arbre en bonne santé, qui tire ses forces d'un sol naturel, se défend très bien contre les attaques des insectes et les maladies.
Prévention des maladies
Une bonne précaution à prendre au cours de la taille est de désinfecter les outils (sécateur, scie etc.) avec de l'alcool à brûler par exemple. On évitera ainsi de propager des maladies bactériennes (rares mais se diffusant par les plaies de taille) et cryptogamiques. Cette précaution est à appliquer après la fin des coupes sur chaque arbre et même après l'élimination de chaque branche malade. Si les arbres sont sains et vigoureux on se contentera d'observer.
Si l'on constate la présence des principales maladies de l'olivier : celle de l'oeil de paon, et la fumagine qui se combattent avec des produits cupriques il ne faudra pas oublier d'appliquer, après la taille, le premier traitement à base de cuivre afin de prévenir ces maladies. On utilisait communément le cuivre sous forme de sulfate de cuivre (bouillie bordelaise). Ce produit contient des éléments (chaux ...) qui ont pour effet d'empêcher d'atteindre le seuil critique de concentration au-delà duquel des brûlures par le cuivre peuvent apparaître, mais on estime qu'un cumul de pluie de 20 mm, soit 20 litres/m², lessive la bouillie bordelaise qui se retrouve au sol. Le cuivre étant un métal lourd entraîne une pollution des nappes phréatiques. D'autre part, il présente des risques d'intoxication pour l'homme et les animaux. Enfin, il a pour effet de bloquer l'activité de la microfaune et de la microflore du sol. Ces organismes sont indispensables pour maintenir une terre en bonne santé, apte à la culture et à la bonne retenue de l'eau.
Une directive européenne limite l'apport de cuivre métal à 6 kg par hectare et par an à partir de janvier 2006. Quatre traitements par an à la bouillie bordelaise, pratique habituelle pour lutter contre les maladies, apportent 10 kg de cuivre métal par ha/an pour 300 arbres à l'hectare, donc bien au-dessus des normes .On privilégiera donc des produits cupriques ayant une meilleure « tenue » sur la végétation, comme :
Oxyde cuivreux, NORDOX 50, dosage homologué : 50g pour 10 litres d'eau ; dosage préconisé d'après l'étude ci-dessus : 33g/10 litres d'eau. Lessivage intervenant après 60 mm de pluie. Autorisé dans les jardins (mention valant autorisation d'emploi par les amateurs).
Si les arbres ne sont pas trop atteints, 1 application au printemps et 1 à l'automne doivent être suffisantes. Il faudra appliquer le mélange sur l'ensemble de la végétation, bois compris, le cuivre n'étant pas un produit systémique, il n'agit que par contact externe.La maladie de l'oeil de paon
Cette maladie, Spilocaea oleagina, est provoquée par un champignon qui attaque les feuilles. Le symptôme le plus apparent est une tache circulaire jaune verdâtre entourée d'un cercle brun ressemblant à un oeil de paon. La présence de ces taches limite la photosynthèse, puis ces feuilles vont tomber prématurément obligeant l'arbre à produire de nouvelles feuilles au détriment de la croissance et de la production de fruits.
Les conditions favorables au développement de la maladie sont celles du printemps et de l'automne, températures douces et humidité importante. Il n'y a pas de traitement curatif et les feuilles atteintes tomberont fatalement. La lutte consiste à prévenir l'extension du Spilocaea oleagina par l'application d'un traitement au cuivre (voir ci-dessus), avant les pluies, afin que les gouttes d'eau ne disséminent pas les spores. Le seuil d'intervention se situe à 10% de feuilles atteintes.
La fumagine
La fumagine (mourfeo ou negre en provençal) est une maladie cryptogamique induite par le miellat de la cochenille noire de l'olivier. Elle se manifeste par un enduit noir ressemblant à de la suie recouvrant le feuillage et le bois.
Cette suie limite ou empêche les échanges et « asphyxie » l'olivier. Le traitement au cuivre contre la maladie de l'oeil de paon est actif contre la fumagine. Mais, le moment venu, il faudra se débarrasser de la cochenille (coucheniho) qui, outre de générer la fumagine, pique l'arbre pour sucer la sève.
Lutte biologique contre la cochenille noire de l'olivier
Elle se pratique par lâcher d'un insecte parasitoïde de la cochenille, le Metaphycus lounsburyi. La production de cet insecte, stoppée depuis 4 ans, avait repris grâce au soutien de la Région PACA, le nombre de réponses favorables à l'enquête d'octobre 2004, auprès des producteurs, étant très positif. Mais la première tentative d'élevage a raté. Nous ne savons pas encore si la tentative actuelle a réussi.
Les tubes contenant le Metaphycus sont à positionner dans les arbres en avril/mai. La lutte chimique avec le seul produit homologué contre la cochenille noire de l'olivier, l'INSEGAR, se pratique l'été, mais ce produit assez sélectif n'est pas disponible pour les amateurs.
On trouve dans le commerce des produits huileux pour combattre les cochenilles, mais j'en déconseille fortement l'emploi, car agressifs pour l'entomofaune utile.
La cochenille induisant la fumagine (noir de l'olivier) on peut déjà tailler les branches atteintes par cette maladie. Nous reparlerons prochainement plus en détail de cette cochenille.
La teigne de l'olivier
La teigne (arno)de l'olivier Prays oleae, est un petit papillon de nuit qui vit toute l'année sur l'arbre en trois générations successives qui s'attaquent aux feuilles, aux fleurs, et aux fruits. Certains attribuent le n°1 à la génération d'hiver, mais peu importe où se trouve le début du cycle annuel, l'essentiel est de bien connaître ce cycle.
La 3°génération, phyllophage
La 3° génération, passe l'hiver sous forme de larve dans l'épaisseur de la feuille et en dévore le limbe. On peut actuellement constater sa présence par les galeries blanchâtres sinueuses apparentes sur la feuille. Si 10% au moins des feuilles sont attaquées, il faut prévoir une lutte qui interviendra sur les générations suivantes.
La 1° génération, anthophage
La 1° génération, va dévorer les boutons floraux. On remarque la présence de la chenille au réseau de très minces fils qu'elle tisse dans les grappes florales. Ces fils retiennent les pétales tombant des grappes desséchées, ainsi que les déjections de la larve. Il ne faut pas confondre ce réseau avec des toiles d'araignées, qui sont plutôt utiles pour les végétaux, ni avec l'épais amas cotonneux dû au psylle (coutoun). La femelle du psylle pond sous les jeunes feuilles, sa toile emprisonne les grappes florales. Les larves se nourrissent de la sève et provoquent la chute des fleurs. Cependant, ces dégâts sont peu mesurables et ne nécessitent normalement pas de traitement.
La 2° génération, carpophage
La 2° génération va s'attaquer au fruit, ou plutôt à l'amande blottie dans le noyau. Elle s'y introduit quand le noyau n'est pas encore durci, dévore l'amande, et ressort à l'emplacement du pédoncule provoquant la chute de l'olive en été.
La lutte biologique contre la teigne
Si, en fin d'hiver, la présence de la 3° génération est avérée, il faudra intervenir d'une manière raisonnable et efficace avec un produit à base de Bacillus thuringiensis sérotype 3 . Ce produit spécifique, admis en Bio, ne s'attaque qu'aux chenilles en laissant indemne le reste de la faune.
On le pulvérisera au tout début de la floraison (différenciation des corolles), sans le mélanger à d'autres produits. S'il pleut dans les heures suivantes, l'opération est à recommencer. D'autre part, ces spécialités se conservent mal. Il faut éviter de les utiliser d'une année sur l'autre, et donc mesurer au plus près ses besoins lors de l'achat. Si l'on a, malheureusement raté le traitement bio, il faudra se résoudre à pulvériser un insecticide au Diméthoate à 12,5 ml pour 10 litres d'eau au moment où les olives atteignent la taille d'un grain de riz ; en sachant que cet insecticide, non ouvert aux amateurs, va éliminer toute la faune utile.

Une séance sera consacrée en avril à la formation à la lutte contre maladies et ravageurs.
Salut à tous les amis Georges CICCOLI

Etude et essais proposés par Célia GRATRAUD (AFIDOL), Le Nouvel Olivier n° 43, janvier/février 2005 Page 14 a la page18. celia.gratraud@afidol.org²

Conseil d'oléiculteurs, pour moins utiliser de produit

Il est plus simple de traiter après la taille, vous aurez besoin de moins de produit

Il faut traiter avant d'avoir les maladies, en préventif et avec des dose moindres, plus les champignons auront pénétré dans les feuilles, et plus il vous faudras doser

J'ai entendu dire qu'une pulvérisation de Cuivre en automne permet de freiner voire stopper la croissance des rameaux.
tout dépend de la dose, si vous n'avez aucunne des maladies citées "personellement"je vous le déconseille fortement, surtout avant la récolte.

Cordialement

Edy Spagnol
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Message par Edy Spagnol » 08 juil. 2007 20:37

A propos

Evolution de la liste "e-phy.agriculture.gouv.fr"


Usage en retrait avec délai de distribution/utilisation

http://e-phy.agriculture.gouv.fr/usa/12503301.htm

Cordialement

Laurent RAMU
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Message par Laurent RAMU » 09 juil. 2007 15:08

:D Bonjour,

Je ne pense pas qu'un traitement à base de cuivre en automne stoppe ou du moins freine la pousse automnale des oliviers.
J'en aurai fait l'expérience :!:

Chez nous dans les Alpes de Haute Provence, nous sommes en limite nord de l'olivier où nous en trouvons au dessus de 800 mètres et parfois plus. Tout dépend de l'exposition.
La moyenne des vergers d'oliviers doit se situer autour de 450 à 550 mètres d'altitude.
Nous avons parfois des pousses qui gèlent au printemps, mais dans ce cas là ce n'est pas obligatoirement le feuillage non aoûté qui est brûlé.

Maintenant, nous avons des variétés locales anciennes bien acclimatées qui résistent relativement bien au gel tel que : Colombale, Grappié, Estoublaîsse, Rosée du Mont d'Or, Filaîre, etc., sans oublier celle qui constitue plus de 80% (je dirai même 90%) de nos olivettes : l'Anglandau.

Mais je vous l'ai dit plus haut, cela dépend de l'exposition, comme l'a décrit il y a déjà bien longtemps, le géographe Raoul Blanchard dans le Bulletin de la société de géographie, XXII, n°4 du 15 octobre 1910 : La limite septentrionale de l'Olivier dans les Alpes française (que l'on peut consulter aux Archives départementale 04).

Si votre variété Olivière est une de vos variétés locales anciennes (:?:) , donc normalement acclimatée à la haute vallée de l'Aude, elle ne devrait pas geler systématiquement.
Il y a peut-être donc d'autres facteurs qui rentrent en jeu et qui favorisent ce gel des pousses automnales :
:arrow: une exposition peu propice, donc ;
:arrow: une fertilisation azotée un peu trop poussée et/ou un peu trop tardive ;
:arrow: un arrosage trop tardif ;
:arrow: une taille trop importante qui accentue cette poussée automnale (mais vos arbres ont entre 1 et 6 ans, donc la taille devrait être extrèmement légère...) ;
Bien sûr ces facteurs sont aussi inter-dépendants et leur cumul peut agraver votre problème.

Peut-être y a t-il autre chose :?:, mais votre message n'en dit pas assez pour aller plus loin dans la compréhension de votre problème.

Cordialement et @ +
http://www.oleiculteurs.com

Edy Spagnol
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Message par Edy Spagnol » 09 juil. 2007 22:02

Bonsoir

l'arrière pays Audois(Haute vallée de l'Aude).

les Hivers sont rudes, et des pics sont a craindre chaque année, et les fortes gelées aussi, surtout les tardives :twisted:
Des Oliviers de 6 ans, sont encore fragiles, les températures en dessous de 10° font peur et ce n'est pas un maximum

Des températures de moins 14 a mois 16 sont présentes,

Dans la zone il faut faire très attention a ne pas provoquer un réveil trop tôt

Cordialement

Christophe Audouy
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Message par Christophe Audouy » 09 juil. 2007 22:15

Bonjour,
Merci pour la réponse.
En fait,l'Olivière est l'une des variétés les plus résistante au froid, quand je parle de dégât au gel, c'est juste l'extrémité des rameaux qui grille et seulement sur les jeunes arbres. Cela vient du fait que la variété est très vigoureuse, et comme en plus nous avons de belles arrières saisons, on se retrouve en novembre avec des rameaux non aoûtés et les premières gelées pas loin.
Bien sûr pas de fertilisation aprés Mai(car non irrigué) taille légère et exposition correcte.
Non, cela est dû à la vigueur de la variété, a fortiori quand jeune. Les autres variétés n'ont pas ce problême.
Quelqu'un m'avait parler du cuivre pour stopper la végétation de l'olivier et je voulais savoir si quelqu'un avait expérimenté la chose.
Il est vrai aussi que le cuivre est phytotoxique pour certaines plantes(feuilles)alors je me suis dit sur du feuillage jeune peut être que...!
Chez vous on va jusqu'à 800m avec l'olivier, j'en avais entendu parler , c'est étonnant tout de même(par apport à chez nous) mais quelle T° avez-vous l'hiver?
Ici, ce n'est pas un problême de limite nord, mais de proximité avec les Pyrénées. L'Olivière est une variété originaire du département voisin des Pyrénées-Orientales (Argeles-sur-Mer) et très présente dans l'Aude.
A +
Christophe Audouy

Christophe Audouy
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Message par Christophe Audouy » 09 juil. 2007 22:44

Salut Edy,
Effectivement, des gelées sévères sont toujours à craindre chez nous, toutefois -14° -16°C sont des T° trés rares, heureusement.
Depuis quelques années,ça va beaucoup mieux d'ailleurs, l'hiver dernier par exemple un -8°C, trois -7°C et une dizaine de T° superieure à -5°C
A +
Christophe Audouy

Laurent RAMU
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Message par Laurent RAMU » 11 juil. 2007 22:28

:D Bonjour,

Pour les T° d'hiver en Haute Provence, tout dépend où l'on se situe.
Bien oui, désolé de me répéter, mais par exemple en bordure de la rivière Durance, le -10°C est courant, mais on ne trouve pas d'olivier :!:.

Par contre des -5°C au lever du jour dans les olivettes (sur les coteaux, donc plus en hauteur que la Durance), ce n'est pas rare.
On peut atteindre aussi parfois les -7°C / -8°C, voire + quelquefois, mais là ça craint :!:
En fait, ces T° froides matinales (vers les 6 h 00 / 7 h 00) ne durent pas, que jusqu'au lever du soleil, et là, ça remonte dessuite.

Nous avons eu, il y a 3 ou 4 ans des T° basses, (vers les -5°C) qui ont duré dans la journée et elles ont fait de gros dégâts, particulièrement dans les jeunes plantations.

Cordialement et @ +
http://www.oleiculteurs.com

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