Travail mécanique du sol

Article présenté ici dans le cadre du programme Olea 2020
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Sommaire

  • 1 La période de travail
  • 2 Le matériel et la qualité de travail
  • 3 Le déclenchement de l’intervention
  • 4 La technique du faux semis

 

La période de travail

  • Le principal intérêt du travail mécanique du sol réside dans la suppression de la concurrence hydrique par la destruction de l’enherbement. Aussi, le travail mécanique du sol se justifie pleinement avant la saison estivale dans les vergers au sec ou ayant de faibles disponibilités en eau. A contrario, le travail du sol peut s’avérer préjudiciable de la fin août jusqu’au milieu / fin de printemps du fait de l’exposition du sol à l’érosion, des risques de battance, de lissage ou de tassement…
  • L’enfouissement superficiel des engrais organiques en sortie d’hiver favorise également la minéralisation des engrais et limite les pertes azotées par volatilisation. L’utilisation d’un localisateur enfouisseur d’engrais permet de se dispenser de cette étape d’enfouissement et donc de repousser la destruction de l’enherbement.


Le matériel et la qualité de travail

  • Le travail du sol est réalisé de manière superficielle, à moins de 10 cm de profondeur, de sorte à ne pas blesser les racines de l’olivier. Par conséquent, l’utilisation de la charrue viticole, du chisel ou encore de la sous-soleuse est à bannir une fois les oliviers plantés.
  • Concernant le choix de l’outil, l’efficacité de l’élimination de la couverture herbacée et la recherche d’un émottement grossier de la terre sont deux critères d’importance. Un émiettement trop fin de la terre est généralement contreproductif, en particulier au printemps : surface d’infiltration de l’eau réduite, sensibilité accrue à la battance et à l’érosion, facilité de germination des graines enfouies… Cependant, le choix de l’outil est bien souvent dicté par la texture du sol :
- en sols argileux, le travail sur sol humide peut occasionner un lissage.
- en sols limoneux, le travail ne peut être réalisé que dans une plage d’humidité réduite : sur sol trop sec, un émiettement trop fin conduit généralement à une reprise du sol en masse (battance), alors que sur sol trop humide, le passage des engins peut entraîner un tassement du sol. Les outils permettant un émottement grossier sont à privilégier.
- en sols sableux et caillouteux, les outils sont davantage sujets à l’usure.
  • Le tableau suivant permet de faire le point sur les conditions d’utilisation des principaux outils de travail du sol employés dans les oliveraies, à savoir les disques, le rotavator, le griffon et la herse rotative:
471px-Tableau_outils_travail_sol

 

Le déclenchement de l’intervention

  • Les conditions permettant de combiner l’élimination de l’enherbement et la conservation de la structure du sol se trouvent généralement réunies dans une fenêtre d’intervention réduite. En effet, de nombreux facteurs influent sur la date d’intervention :
- le développement de la couverture végétale au sol.
- la capacité de l’outil à éliminer l’enherbement.
- l’état d’épuisement des réserves en eau du sol : la date d’intervention sera avancée sur les parcelles aux sols sableux et caillouteux (réserves en eau inférieures) et en cas de faibles niveaux de précipitations.
- l’humidité du sol en surface, dans l’optique d’obtenir un émiettement grossier de la terre et de limiter le lissage autant que possible.
- les prévisions météorologiques en cas de binage : l’adventice est suffisamment desséchée si la pluie survient plus de deux jours après binage.
  • Le broyage de l’herbe permet de repousser le travail du sol si les conditions d’humidité ne sont pas favorables, tout en permettant de contenir la concurrence hydrique.

 
La technique du faux semis

  • La technique du faux semis répond plus particulièrement aux difficultés pouvant être rencontrées pour contenir le développement des adventices annuelles durant l’été (invasion de chénopodes ou d’amarantes par exemple). Elle s’appuie sur le principe que tout travail du sol relance inévitablement le processus de germination des adventices.
  • Le faux semis consiste à préparer un lit de semences sur 5 cm de profondeur (émiettement fin de la terre, si besoin à l’aide d’un rouleau cage, après élimination de la couverture herbacée), afin de favoriser la levée des adventices. Ces dernières sont ensuite éliminées au stade plantule par binage superficiel en prenant soin de ne pas remonter de nouvelles graines en surface. Le potentiel de levée des adventices annuelles s’en trouve fortement réduit. Toutefois, cette technique reste inefficace contre les vivaces. La réussite du faux semis est conditionnée par une humidité suffisante du sol permettant la levée des adventices.