Autorisation dérogatoire LIMOCIDE J – cochenille diaspine
Dérogation exceptionnelle d’utilisation du LIMOCIDE J (jardin) pour les oléiculteurs ne disposant pas du Certiphyto pour lutter contre la nouvelle cochenille identifiée dans le Var et les Pyrénées-Orientales
Contexte
Depuis 2-3 ans dans le Var et plus récemment dans les Pyrénées Orientales un nouveau bioagresseur de l’olivier, Acutaspis paulista, a fait son apparition dans les vergers. Il s’agit d’un insecte phytophage appartenant à l’ordre des Hémiptères, à la super-famille des cochenilles et plus spécifiquement à la famille des Diaspididae (c’est-à-dire des cochenilles à bouclier). Cet insecte piqueur-suceur, polyphage et endémique de la région néotropicale (Brésil, Argentine et plus récemment le Chili), affecte plusieurs espèces végétales, notamment forestières, ornementales ou agricoles, en particulier l’olivier, les agrumes et l’avocat. D’ailleurs en Amérique du Sud cette cochenille est considérée comme un ravageur de l’olivier et au Chili elle a été placée en 2023 sous mesures d’urgence phytosanitaire.
Sur les végétaux cette cochenille affecte principalement les feuilles (la succion directe de la sève des tissus végétaux peut occasionner un affaiblissement de l’arbre et des défoliations importantes) et les fruits (dont la qualité peut être fortement altérée). Au niveau de son cycle biologique, en Amérique du Sud, elle réalise 3 à 4 générations par an.
L’origine de son introduction en France est aujourd’hui inconnue mais sa progression sur notre territoire inquiète fortement l’interprofession oléicole, France Olive, qui considère cette cochenille comme une menace importante pour la production française.
Pourquoi une dérogation ?
Ce bioagresseur n’est pas réglementé en France et comme il est déjà bien installé sur certains secteurs de notre territoire, il est déjà trop tard pour mettre en œuvre des mesures d’éradication. Il est pourtant nécessaire de limiter son développement et ses dégâts aussi bien à l’échelle territoriale que parcellaire. Les oléiculteurs doivent pouvoir disposer de méthodes de lutte efficaces et autorisées. Les professionnels (disposant du Certiphyto) ont pu bénéficier dès 2025 de dérogation d’utilisation de produits phytosanitaires pour lutter contre cette cochenille. Il était nécessaire de trouver également des solutions pour les oléiculteurs ne disposant pas de certiphyto.
Grâce à la collaboration de la DGAL mais également de la société Vivagro, une autorisation dérogatoire 120 jours (mise en application de l’article 53 du Règlement CE 1107/2009) pour le produit LIMOCIDE J (huile essentielle d’orange douce) a été signée par le Ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt, permettant aux oléiculteurs d’utiliser ce produit pour lutter contre cette cochenille sur leur verger.
Attention cette autorisation temporaire, valable jusqu’au 11 août 2026, permet de répondre à une urgence phytosanitaire tout en soulignant la nécessité de trouver des solutions durables.
Quand utiliser le LIMOCIDE J ?
Ce produit étant un insecticide de contact contre les insectes à corps mou, il doit être utilisé uniquement sur Acutaspis paulista et positionné uniquement sur les périodes d’essaimage (migration) des très jeunes larves (1er stade larvaire). Après ce stade les cochenilles se fixent sur les feuilles et les fruits et sécrètent un bouclier cireux qui les protège efficacement des traitements insecticide.
Pour vous permettre de bien positionner vos traitement, et garantir leur efficacité, la Chambre d’agriculture du Var et France Olive réalisent un suivi des périodes d’essaimage sur plusieurs sites du département (Var). Il est donc impératif de consulter les BSV (Bulletins de Santé du Végétal, disponibles ici) et les bulletins de préconisations Infolive (consultables ici) pour savoir si la période est propice à l’application de LIMOCIDE J. En dehors de ces périodes, ce produit ne doit pas être utilisé.
Conditions d’utilisation du LIMOCIDE J
Ce produit est utilisable en Agriculture Biologique, par les oléiculteurs ne disposant pas du certiphyto (gamme jardin). Mais c’est un produit identique à une gamme professionnelle (Essen’ciel) donc il est potentiellement nocif pour la santé humaine et pour l’environnement. C’est pourquoi il est très important de respecter les règles strictes ci-après concernant la protection de l’utilisateur et les conditions d’emploi du produit.
- Équipements de Protection Individuelle (EPI) :
- Gants en nitrile certifiés.
- Combinaison de protection (type 4 pour les applications sans cabine).
- Masque respiratoire (filtre P3 ou A2P3).
Pour plus d’informations sur les équipements de protection individuelle, vous pouvez consulter cette plaquette de la MSA.
- Zones non traitées :
- 20 mètres près des points d’eau ;
- 5 mètres pour protéger les arthropodes non cibles ;
- 10 mètres entre le dernier rang traité et l’espace susceptible d’être fréquenté par des personnes (résidents, personnes de passage, personnes présentes lors du traitement) ;
- Stockage du produit dans un local où la température est < à 30°C.
- Protection des abeilles : application possible pendant la floraison et sur les zones de butinage dans les 2 heures avant et trois heures après le coucher du soleil, en dehors de la présence d’abeilles.
- Dose maximale autorisée : 8 L/ha, avec un intervalle de 7 jours entre deux applications.
- Nombre d’intervention maximal : 6
- Stades d’application : du BBCH00 (bourgeons foliaires fermés) au stade BBCH 73 (les fruits ont 30% de leur diamètre final)
- Délai avant récolte : 1 jour
- Délai de ré-entrée sur la parcelle après l’application : 24 heures
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⚠️ Attention : Ces conditions doivent être scrupuleusement respectées, même si elles ne figurent pas sur l’étiquette du produit.
Lire attentivement la décision d’autorisation pour les conditions détaillées d’utilisation.
CONSIGNES D’APPLICATIONLe Limocide J doit être appliqué :
→ consulter les BSV et les bulletins Inf’Olive ;
→ il faut mouiller le bois et les feuilles des arbres atteints ;
→ températures inférieures à 30°C dans les 6 heures suivant le passage ;
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Quelques rappels utiles !
La préparation de la bouillie avant application
Afin de préparer la bouille en respectant les doses maximales autorisées, vous pouvez consulter cette fiche pratique.
Les bonnes pratiques de pulvérisation
Afin de maximiser l’efficacité du produit et de limiter l’impact de son action sur la santé humaine et l’environnement, il est essentiel de respecter les consignes de bonnes pratiques de pulvérisation. Elles sont rappelées dans le cahier de l’oléiculteur sans certiphyto.
La gestion des déchets après application
- Gérer le fond de cuve du pulvérisateur (reste de bouillie) :
- Ne pas vider ni dans l’évier, ni dans les toilettes, ni dans le caniveau, ni dans la nature
- Effectuer un rinçage au champ
Diluer le fond de cuve en ajoutant de l’eau propre dans le pulvérisateur. Selon les mêmes conditions d’utilisation du produit que celles décrites précédemment, appliquer sur la zone déjà traitée. Renouveler l’opération une deuxième fois.
- Gérer les emballages vides en les déposant en déchetterie acceptant les déchets chimiques ménagers ou auprès de points de collecte locaux de la filière ADIVALOR (certaines sont ouvertes aux amateurs).
Méthodes préventives à favoriser et maintenir pour lutter contre la cochenille diaspine
Que des cochenilles Acutaspis paulista soient déjà installées ou non dans votre verger, il reste primordial de :
- Conserver une couverture végétale et favoriser les haies composites (diversité végétale). Elles constituent des habitats pour les insectes auxiliaires.
- Favoriser la biodiversité. Elle contribue à la présence naturelle d’insectes prédateurs ou parasitoïdes (espèces non identifiées pour cette cochenille à l’heure actuelle)
- Maintenir les populations d’auxiliaires en diversifiant les plantations (différentes niches écologiques), en laissant des endroits où la flore spontanée peut se développer, en ne taillant pas les haies en période de floraison
- Ne pas utiliser d’insecticides polyvalents, toxiques pour les macro-organismes auxiliaires et non efficaces sur ce type de cochenilles.
⚠️ Recommandation de signalement ⚠️Afin de recenser précisément la répartition de cette cochenille sur le territoire et bien qu’elle ne soit pas réglementée, nous vous invitons fortement à nous faire remonter toute observation ou suspicion de sa présence via le mail contact@franceolive.fr. |
Vers des solutions durables
Comme le souligne la Direction générale de l’alimentation, cette autorisation est exceptionnelle et provisoire. France Olive s’engage à :
- Documenter les actions mises en œuvre pour informer les utilisateurs.
- Travailler avec l’ANSES et les parties prenantes pour développer des méthodes alternatives à long terme. Des travaux sur les diminutions de dose sont d’ores et déjà prévus.
Remerciements – Cette avancée n’aurait pas été possible sans :
Le soutien de la DGAL.
La réactivité des services de l’État (DRAAF, ANSES).
L’engagement des oléiculteurs et des partenaires techniques.
📌 Pour en savoir plus
- Consultez la décision officielle et la réponse de la DGAL.
- Contactez-nous pour toute question : contact@franceolive.fr.





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