Oeil de paon

Importance

Maladie importante

Description

Cycloconium 06Le cycloconium, ou œil de paon, s’observe essentiellement sur feuille. Il se manifeste par des tâches circulaires de 2 à 10 mm de diamètre dont la couleur varie du brun-noirâtre au jaune orangé, à la face supérieure des feuilles.

Plus rarement, on peut observer des attaques sur le pédoncule des fruits qui se dessèche en prenant une couleur brune, ou sur les olives qui se déforment, leur croissance s’arrêtant sur les zones affectées et se poursuivant sur les parties saines.

Biologie

Le champignon se conserve sous forme de conidies sur les feuilles tombées au sol, mais surtout sur les feuilles infectées qui restent sur l’arbre, où elles peuvent conserver leur potentiel germinatif durant plusieurs mois.

La dispersion des spores se fait quasi-exclusivement par la pluie : les infections successives ont donc lieu à courte distance.

La germination du champignon a lieu :

→ En présence d’eau libre ou en condition d’atmosphère saturante,

→ Dans un intervalle de température de 9 à 25°C avec un optimum de 15 à 20°C.

Les deux époques typiques d’infection sont donc le printemps et l’automne.

Après infection, il faut compter une période d’incubation de 2 à 15 semaines selon la température, l’humidité, la variété et l’âge de la feuille.

Dégâts

Les attaques de cycloconium provoquent une chute massive des feuilles entraînant un affaiblissement important des arbres et par suite un retard de maturité et une diminution de la quantité et de la qualité de l’huile.

Dans le cas d’attaques sur pédoncule, les olives sèchent, se rident et chutent prématurément, d’où une perte directe de récolte.

Estimation du risque

L’œil de paon est une maladie très répandue en France. Le seuil de tolérance est à 10 % de feuilles présentant les symptômes.

Certaines conditions de culture favorisent le développement du champignon. Le manque d’aération de l’arbre crée des conditions de confinement favorables ; de même les irrigations tardives, notamment dans les vergers enherbés.

Certaines variétés sont plus sensibles, en particulier la Tanche, l’Aglandau et le Cailletier. En prenant en compte ces conditions, on peut limiter et surveiller plus facilement l’expansion de l’œil de paon.

Stratégie de lutte

Les périodes de traitement correspondent aux principales périodes de contamination, en l’occurrence le printemps et l’automne.

Deux méthodes de lutte selon l’état du verger :

  • Traitements préventifs : au cuivre et au mancozèbe.

Appliquer les traitements avant les pluies pour éviter la dissémination des spores du champignon. Assurer une couverture continue au printemps et à l’automne. Renouveler le traitement lorsque celui-ci a été lessivé, c’est-à-dire après 20 à 50 mm d’eau au maximum selon les formulations, répartis en une seule fois ou cumulés sur plusieurs évènements pluvieux.

  • Traitements curatifs : avec le krésoxim-méthyl

Appliquer cette spécialité avant ou après les pluies, surtout s’il y a eu un déficit de traitement à la saison précédente. Effectuer deux traitements maximum avec ce produit, alterner avec du cuivre. Produit non lessivable, mais non systémique.

Le traitement de printemps est fondamental pour limiter le démarrage de l’épidémie à l’automne. De même, faire l’impasse sur les traitements d’automne peut favoriser un accroissement progressif du niveau d’inoculum, qui rendrait plus difficile le contrôle de la maladie l’année suivante.