Variétés polliniseuses

La pollinisation d'une oliveraie

 

La pollinisation de l'olivier (famille des Oleacées) est très complexe et encore mal connue, surtout en comparaison avec d'autres espèces fruitières comme le pommier ou l'abricotier. Des travaux de recherche sont encore en cours.

Les points importants sont les suivants :

  • Le vent est le principal porteur du pollen (pollinisation anémophile) (une fleur sera quasiment toujours pollinisée par le pollen émis par une autre fleur). Les arbres polliniseurs doivent être assez proches des arbres à polliniser mais on ne connaît pas la distance maximale entre deux arbres.
  • Les fleurs sont regroupées en inflorescences.
  • L'olivier fabrique des fleurs hermaphrodites (également appelées fleurs parfaites). Elles comportent un appareil reproducteur mâle constitué de deux étamines qui portent un volumineux sac de pollen et un appareil reproducteur femelle, le pistil.
  • L'olivier fabrique également des fleurs "imparfaites" c'est-à-dire qu'elles n'ont qu'un seul appareil reproducteur, généralement mâle. C'est pour cela que l'olivier est une espèce andro-monoïque, c'est-à-dire que sur un même arbre on trouve des fleurs hermaphrodites et des fleurs mâles. Cependant ce taux de fleurs imparfaites peut être lié également en grande partie à d'autres facteurs : génétiques, mauvaise conduite culturale (fertilisation, irrigation, état sanitaire du feuillage) et aléas climatiques (stress hydrique et gelées de printemps).
  • Certaines variétés, ou cultivars, sont plus ou moins mâles stériles (elles ne sont donc pas conseillées comme arbre polliniseur).
  • Il peut exister des phénomènes d'incompatibilité et de compatibilité entre pollens et pistils selon les variétés. 
  • Il ne faut pas oublier qu'il y ait concordance de floraison (synchronie florale) entre la variété à polliniser et la variété polliniseuse.
  • Après la fécondation, on constate plus ou moins souvent des chutes physiologiques de fruits pendant 4 à 6 semaines. Les causes sont multiples (fertilisation, irrigation, aléas climatiques...).

Voici les résultats établis par un travail issu d'une collaboration entre France Olive et le CNRS de Lille (Unité Evo-Eco-Paléo-UMRS 8198) en 2020 et 2021 :

Groupe G1
Groupe G2

Aliva Nera/Moraiolo/ Petit Ribier/Sigalenque

AGLANDAU

Amellau

Araban du Var

Araban des Alpes Maritimes

Béchude

Aubenc

Belgentiéroise

Baguet

Blanche de Payzac

Bé-dé-Cézé

Blanquetier

Brun

BOUTEILLAN

CAILLETIER/Frantoio,/Ghermana di Balanha

Broutignan

Capanacce

Calian

CAYANNE

Capelen

Cayet blanc

Cayet Roux

CAYON

Colombale

Clermontaise

Cornalière

Corniale

Courbeil

Coucourelle

Curtinese

Cul blanc

Dorée

Curnet

Glory

Dent de Verrat

Grosse noire

Filayre Noir

Grosse violette

Filayre Rouge

Jauberte

Grapié

LUCQUES

GROSSANE

Marignol

Menudel

Montaurounenque

Moncita

Oliese

NEGRETTE

OLIVIÈRE

Ombrine

Petite violette

Petite noire

Pointue de l'Ardèche

PICHOLINE

Punchinella

Pigale

Rougette de l'Ardèche

Reymet/ Cayet bleu

Roussette du Var

Rougette de Pignan

Sabine/ Aliva Bianca

Rougette du Gard

Sauzen noir

SALONENQUE

TANCHE

Saurine

Tripue

Sauzen vert

Ubac

Verdanel

Verdale de Millas

 

VERDALE DES BOUCHES-DU RHÔNE

 

Verdale de l’Hérault

 

Vermillau

 

Zinzala

   

 

Si vous appartenez à une aire en Appellation d'Origine, le tableau ci-dessous vous renseignera sur le choix des variétés à utiliser :

AOP

VARIÉTÉS PRINCIPALES

VARIÉTÉS SECONDAIRES

Nice

Cailletier

G1

Araban des Alpes Maritimes, Blanquetier, Blavet, Nostral, Ribeyrou et autres variétés locales anciennes.

Haute-Provence

Aglandau

G2

 Bouteillan, Picholine, Tanche, Colombale, Filayre, Grappié, Boube, Estoublaisse, Rosée du Mont d’or et autres variétés locales anciennes

Aix-en-Provence

Aglandau

G2

Bouteillan, Grossane, Picholine, Ribier, Sabine, Saurine, Verdale des Bouches du Rhône, Tripue, Sigeoise et autres variétés locales anciennes.

Cayanne

G1

Salonenque

G1

Provence

Salonenque

G1

Brun, Cayanne, Grossane, Cayet blanc, Cayet roux, Cayet bleu (Reymet), Picholine, Ribier, Tanche, Verdale des Bouches-du-Rhône, Cayet rouge et autres variétés locales anciennes (Araban du Var...).

Aglandau

G2

Bouteillan

G2

Cayon

G1

Vallée des Baux-de-Provence

Salonenque

G1

 Picholine, et autres variétés (locales diverses et pollinisatrices)

Aglandau

G2

Grossane

G1

Verdale BDR

G2

Nîmes

Picholine

G1

Aglandau, Amellau, Broutignan, Cul blanc, Pigale, Rougette du Gard, Sauzen vert, Verdale de l’Hérault, Vermillau, Olivastre, Piquette, et autres variétés locales anciennes.

Negrette

G1

Nyons

Tanche

G2

Cayon, Sauzen noir

Languedoc

Lucques

G2

Amellau, Clermontaise, Ménudel, Picholine, Rougette de Pignan, Verdale de l'Hérault, et autres variétés locales anciennes.

Olivière

G2

 

AOP

VARIÉTÉS PRINCIPALES

VARIÉTÉS SECONDAIRES potentiellement compatibles avec la/les variétés principales

Nice

Cailletier

G1

Arabanier, Blanquetier, Blavet, Nostral, Ribeyrou

Haute-Provence

Aglandau

G2

 Bouteillan, Picholine, Tanche, Colombale, Filayre rouge, Filayre noir, Grappié, Boube, Rosée du Mont d’or, Estoublaisse

Aix-en-Provence

Aglandau

G2

Cayanne, Salonenque, Bouteillan, Grossane, Picholine, Verdale des Bouches du Rhône, Ribier, Sabine, Saurine, Tripue, Sigeoise.

Cayanne

G1

Salonenque

G1

Provence

Salonenque

G1

 Aglandau, Bouteillan, Salonenque, Cayon, Picholine, Grossane, Tanche, Brun, Cayet blanc,

 Cayet roux, Cayet bleu (Reymet), Ribier, Cayanne, Verdale des Bouches-du-Rhône, Cayet rouge

Aglandau

G2

Bouteillan

G2

Cayon

G1

Vallée des Baux-de-Provence

Salonenque

G1

Aglandau, Salonenque, Grossanne, Verdale BDR, Picholine

Aglandau

G2

Grossanne

G1

Verdale BDR

G2

Nîmes

Picholine

G1

Sauzen vert, Rougette du Gard, Broutignan, Vermillau, Cul blanc, Verdale de l’Hérault, Aglandau, Amellau, Pigale, Piquette, Olivastre

Negrette

G1

Nyons

Tanche

G2

Sauzen noir, Cayon

Languedoc

Lucques

G2

Picholine, Verdale de l'Hérault, Amellau, Clermontaise, Rougette de Pignan, Ménudel

Olivière

G2

Pour plus de renseignements, un dossier spécialement dédié à la pollinisation est paru dans le Nouvel Olivier n°124 (pages 12 à 24) !